Entorse de Chopart : symptômes, diagnostic et traitements
L’entorse de Chopart est une lésion ligamentaire du médiopied souvent sous-estimée.
- Mécanisme fréquent : torsion violente du pied bloqué au sol.
- Immobilisation stricte par botte de marche pendant 45 jours.
- Mise en décharge totale prescrite les premières semaines.
- Glace 20 minutes plusieurs fois par jour pour réduire l’œdème.
- Kinésithérapie indispensable pour retrouver mobilité et stabilité.
- Douleurs pouvant persister jusqu’à 3 mois.
Définition : qu’est-ce qu’une entorse de l’articulation de Chopart ?
L’entorse de Chopart est une lésion ligamentaire touchant l’articulation médiotarsienne, souvent confondue avec une simple entorse de la cheville. Cette articulation complexe est composée de 4 os (talo-naviculaire et calcanéo-cuboïdienne) qui assurent la transition entre l’arrière-pied et l’avant-pied.
Le mécanisme en torsion excessive étire ou rompt les ligaments stabilisateurs du médiopied. L’incidence de cette blessure représente entre 3 et 33 % des traumatismes de la cheville et du pied, un chiffre qui souligne sa fréquence sous-estimée aux urgences.
Contrairement à une entorse latérale de cheville, l’atteinte de Chopart nécessite une prise en charge plus rigoureuse. L’immobilisation y est souvent plus stricte et prolongée pour éviter des séquelles fonctionnelles au niveau du complexe articulaire transverse du tarse.
Traitements : comment soigner une entorse de Chopart ?
Le traitement privilégié de l’entorse de Chopart repose sur une immobilisation stricte par botte de marche pendant 45 jours, soit une durée bien plus longue que pour une entorse classique de la cheville. Une mise en décharge totale est souvent prescrite les premières semaines pour permettre aux ligaments du médiopied de cicatriser correctement.
L’application régulière de glace sur le cou-de-pied, au moins 20 minutes plusieurs fois par jour, permet de réduire l’œdème et l’hématome, à l’image de la compression des loges musculaires dans l’aponévrose du mollet. Un traitement fonctionnel (rééducation précoce sans chirurgie) est généralement recommandé, sauf en cas de lésions ligamentaires complètes ou instables nécessitant un avis orthopédique, comme le ferait un médecin qui fait craquer les os.
Après l’immobilisation, la kinésithérapie est indispensable pour retrouver la mobilité et la stabilité de l’articulation. Les douleurs peuvent persister jusqu’à 3 mois, et un suivi médical régulier est conseillé pour éviter toute récidive ou évolution vers une instabilité chronique du pied.
Causes et mécanisme : comment survient une entorse de Chopart ?
- Torsion violente du pied : le mécanisme le plus fréquent est un mouvement de torsion brutal, le pied se retrouvant bloqué au sol alors que le corps tourne. Cette sollicitation excessive dépasse les capacités des ligaments de l’articulation médiotarsienne.
- Chute ou faux mouvement : une réception ratée après un saut, un faux pas sur un terrain accidenté ou une simple marche sur un obstacle peuvent suffire à provoquer la lésion. L’entorse de Chopart survient souvent lors d’activités sportives ou de la vie quotidienne.
- Force excessive sur l’articulation : le complexe articulaire transverse du tarse, composé de 4 os, est soumis à une contrainte trop importante. Cette force anormale étire ou déchire les ligaments talo-naviculaires et calcanéo-cuboïdiens.
- Marche douloureuse ou impossible : dès l’accident, l’appui sur le pied devient très difficile. Contrairement à une entorse bénigne de cheville, la gêne fonctionnelle est immédiate et marquée. Les statistiques indiquent que ce traumatisme représente 3 à 33 % des traumatismes de la cheville et du pied.
Diagnostic : quels examens pour confirmer une entorse de Chopart ?
Le diagnostic d’une entorse de Chopart est souvent difficile à poser, car cette lésion est fréquemment confondue avec une simple entorse de la cheville. Un examen clinique minutieux et des examens d’imagerie spécifiques sont indispensables pour confirmer l’atteinte de l’articulation médiotarsienne et exclure une fracture ou une luxation.
Examens d’urgence
En cas de suspicion d’entorse de Chopart, le bilan radiologique est effectué en urgence. Il repose sur 4 incidences obligatoires pour visualiser l’ensemble des 4 os qui composent l’interligne articulaire.
- Radiographie cheville face/profil : évalue les structures de la cheville et l’alignement osseux.
- Radiographie pied face/profil : visualise les os du médiopied (talo-naviculaire et calcanéo-cuboïdienne).
- Élimination fracture ou luxation : clichés de référence pour écarter une lésion osseuse sévère nécessitant une prise en charge chirurgicale.
Examens complémentaires
Lorsque le bilan radiologique initial est normal mais que la douleur persiste, des examens plus précis sont nécessaires. Le scanner permet de détecter des lésions osseuses occultes, tandis que l’IRM est l’examen de choix pour visualiser l’état des ligaments (talo-naviculaire et calcanéo-cuboïdien). Ces examens sont particulièrement utiles pour différencier une entorse de Chopart d’une lésion bénigne de la cheville, car le diagnostic n’est pas toujours posé en urgence.
Dans les cas de douleurs persistantes au-delà de 3 mois, un nouvel examen d’imagerie (souvent une IRM) est recommandé pour rechercher des séquelles ligamentaires ou une instabilité chronique de l’articulation. Cette approche permet d’adapter le traitement, qu’il soit fonctionnel ou chirurgical, et d’éviter une évolution défavorable.
Symptômes : comment reconnaître une entorse de Chopart ?
Reconnaître une entorse de Chopart n’est pas toujours évident, car ses signes peuvent ressembler à ceux d’une simple entorse de la cheville. Pourtant, certains indices doivent vous alerter. Voici les symptômes les plus fréquents à repérer.
- Douleur intense et aiguë : elle survient immédiatement après le traumatisme. La douleur est vive, localisée sur le dessus et le côté externe du pied, comparable à la douleur brûlante de la cuisse. Elle s’aggrave dès que vous posez le pied au sol ou que vous tentez un mouvement de torsion.
- Œdème du cou-de-pied : le gonflement apparaît rapidement et concerne principalement la partie supérieure du médiopied. Il peut être modéré ou volumineux, rendant le port de la chaussure impossible dans les premières heures.
- Ecchymose sur le dessus du pied : une tache bleutée ou violacée s’installe sur le cou-de-pied dans les 24 à 48 heures suivant l’accident. Elle traduit un saignement sous-cutané lié à la rupture de fibres ligamentaires.
- Difficulté voire impossibilité de marcher : l’appui est très douloureux, voire totalement impossible en phase aiguë. La marche est « bloquée » par une sensation d’instabilité du pied, parfois accompagnée d’un bruit de hanche. Contrairement à une foulure de cheville, l’incapacité fonctionnelle est souvent plus marquée et dure plus longtemps jusqu’à 3 mois dans certains cas lorsque la douleur persiste.
Si vous présentez ces signes après une torsion du pied, il est essentiel de consulter rapidement. Un diagnostic précoce évite le passage à une forme chronique et permet de mettre en place le bon traitement, souvent plus strict que pour une entorse classique de cheville.
