Syndrome de Morton : causes, symptômes et traitements du névrome
Le syndrome de Morton est un renflement du nerf entre le 3ᵉ et 4ᵉ orteil.
- Inflammation chronique formant une masse bénigne appelée névrome.
- Douleur aggravée par chaussures trop étroites ou talons hauts.
- Sensation de décharge électrique dans la plante du pied.
- Symptômes évolutifs : picotements, brûlure localisée entre deux orteils.
- Nerfs plantaires interdigitaux concernés, entre têtes métatarsiennes.
Qu’est-ce que le syndrome de Morton (définition) ?
- Renflement nerveux par irritation : il s’agit d’une inflammation chronique qui fait gonfler le nerf, formant une petite masse bénigne appelée névrome.
- Localisé entre 3e et 4e métatarsien : la compression survient le plus souvent entre les têtes des troisième et quatrième os du pied, un espace particulièrement étroit.
- Nerfs plantaires interdigitaux concernés : ce sont les nerfs qui passent entre les os du métatarse et se dirigent vers les orteils.
- Découvert par le médecin Morton : la pathologie doit son nom au chirurgien américain qui l’a décrite pour la première fois au XIXe siècle.
- Inflammation entre têtes métatarsiennes : le frottement répété du nerf contre les os provoque une réaction inflammatoire locale, source de douleur.
Concrètement, le syndrome de Morton se définit par la formation d’un névrome, c’est-à-dire un renflement du nerf dû à une irritation mécanique. Ce nerf est situé dans la plante du pied, entre les têtes des os métatarsiens. Le frottement répété souvent causé par des chaussures trop étroites ou des activités à impact finit par enflammer le tissu nerveux et créer cette petite masse fibreuse. Bien que bénigne, cette lésion est responsable des douleurs caractéristiques ressenties au niveau de l’avant-pied, notamment entre le 3e et le 4e orteil.
Symptômes du névrome de Morton

Sensations et douleurs typiques
Les signes du syndrome de Morton sont généralement très caractéristiques. Le patient ressent des picotements entre ou sous les orteils, comme si une petite décharge parcourait la plante du pied. Cette sensation s’accompagne souvent d’une brûlure localisée entre deux orteils précis, ce qui constitue un indicateur fort pour le diagnostic.
– Picotements entre ou sous orteils : une gêne comparable à celle d’un membre qui « s’endort ».
– Brûlure localisée entre deux orteils : sensation de chaleur persistante et localisée.
– Décharges électriques dans la plante : irradiations soudaines vers l’avant du pied.
– Douleur lancinante ou pulsatile : douleur qui bat au rythme du pouls sous la voûte plantaire.
La douleur est particulièrement gênante lors de la marche ou quand on reste longtemps debout, à l’image du syndrome de Maigne qui provoque aussi des douleurs projetées. Porter des chaussures trop étroites ou à talons hauts aggrave presque toujours la sensation de brûlure, ce qui conduit le patient à retirer ses chaussures pour se soulager.
Évolution des symptômes dans le temps
Le syndrome de Morton est une pathologie qui tend à s’aggraver progressivement si elle n’est pas prise en charge. Au début, la douleur peut n’apparaître qu’occasionnellement, lors d’activités spécifiques comme la course ou une longue marche. Avec le temps, les décharges électriques dans la plante deviennent plus fréquentes et plus intenses.
L’évolution varie selon les facteurs déclenchants. Les sportifs qui pratiquent de manière excessive ou les personnes âgées d’environ 50 ans (l’âge le plus fréquent chez les patientes) constatent souvent que la gêne s’intensifie. La douleur lancinante peut finir par perturber le sommeil, et devenir difficilement supportable au quotidien, poussant le patient à consulter un spécialiste du pied.
Traitements médicaux et conservateurs du névrome de Morton
Traitements non chirurgicaux de première intention
Les médecins recommandent d’abord des solutions simples visant à réduire la compression du nerf. Le pilier du traitement repose sur le port de chaussures larges et à bout large, qui laissent suffisamment d’espace aux orteils pour éviter tout écrasement. Les semelles orthopédiques sur mesure, placées sous le 3e et 4e métatarsien, aident à répartir la pression et à soulager le nerf irrité.
- Chaussures larges et à bout large : réduction immédiate de la compression nerveuse
- Semelles orthopédiques sur mesure : correction de l’appui plantaire entre les têtes métatarsiennes
- Anti-inflammatoires et cryochirurgie mini-invasive : action sur l’inflammation et la douleur
En complément, des anti-inflammatoires oraux ou locaux peuvent calmer la réaction nerveuse, tout comme dans le syndrome de Tietze où l’inflammation est également traitée par ce type de médicaments. La cryochirurgie, technique mini-invasive qui gèle le névrome sans cicatrice, représente une option efficace lorsque les autres mesures ne suffisent pas. Elle est proposée par certaines équipes spécialisées pour traiter la douleur persistante.
Cas particuliers et traitements avancés
Lorsque la gêne fonctionnelle devient difficilement supportable malgré les traitements conservateurs, des solutions plus spécifiques sont envisagées. La radiologie interventionnelle reste rare, mais peut être indiquée pour des cas précis. Après ces interventions, la période d’immobilité est de 3 jours, suivie d’une activité réduite pendant 1 semaine. Les patients reprennent le sport après 1 mois. Des soins infirmiers pour le pansement sont nécessaires durant 2 semaines, et une prescription d’antalgiques simples ou forts couvre au minimum 2 jours. Ce protocole permet une récupération progressive tout en limitant les risques de récidive.
Chirurgie du névrome de Morton : quand et comment opérer ?
Lorsque les traitements conservateurs échouent, la chirurgie devient une option pour éliminer la gêne fonctionnelle. L’intervention consiste à retirer le renflement nerveux par une technique mini-invasive, sans cicatrice visible. Le geste est indiqué quand la douleur entre le 3e et 4e métatarsien s’aggrave avec la marche et limite les activités quotidiennes.
Après l’opération, la marche est possible immédiatement, mais le pied reste au repos pendant 3 jours. Une activité réduite est conseillée durant 1 semaine, avec des soins infirmiers pour les pansements pendant 2 semaines. Des antalgiques sont prescrits pour une durée minimale de 2 jours. La reprise du sport est possible après 1 mois de récupération.
Causes du syndrome de Morton
Les causes exactes du syndrome de Morton restent peu connues, mais plusieurs facteurs favorisants sont identifiés. Le port de chaussures trop étroites ou de hauts talons est la cause la plus fréquente, car il comprime le nerf entre les têtes métatarsiennes.
Les femmes autour de 50 ans sont les plus touchées, en raison de leur type de chaussage habituel, comme pour la maladie de Sinding-Larsen-Johansson qui touche aussi une tranche d’âge précise. Une blessure sportive par pratique excessive ou un chaussage inadapté lors d’activités répétitives peut également déclencher la formation du névrome.
La localisation la plus courante se situe entre le 3e et 4e métatarsien, une zone particulièrement sollicitée lors de la marche. L’inflammation du nerf plantaire interdigital résulte d’une irritation mécanique chronique, aggravée par la compression exercée par la chaussure.
Diagnostic et examens pour confirmer le syndrome de Morton
- Interrogatoire et antécédents du patient : Le médecin écoute votre description des douleurs, des sensations de décharge électrique et de la gêne sous la plante du pied.
- Examen clinique de la douleur : En appuyant entre vos orteils, il reproduit la douleur typique et peut parfois entendre un petit « clic » (signe de Mulder).
- Échographie pour visualiser le névrome : C’est l’examen de confirmation. Il permet de mesurer précisément l’épaisseur du névrome.
- IRM en cas de doute diagnostique : Réservée aux cas complexes, elle élimine d’autres causes (fracture de fatigue, arthrite) et visualise les tissus mous en détail.
- Épaisseur du névrome oriente traitement : Un névrome de moins de 5 mm est souvent traité par des semelles orthopédiques et des chaussures larges ; au-delà, une intervention plus spécifique peut être envisagée.
Suivi post-opératoire et récupération après chirurgie
| Phase post-op | Durée | Recommandations principales |
|---|---|---|
| Immobilité | 3 jours | Repos au lit, jambe surélevée, application de glace en cas d’œdème |
| Activité réduite | 1 semaine | Marche immédiatement possible, mais limitée aux déplacements essentiels |
| Soins infirmiers | 2 semaines | Pansements réalisés par un infirmier, surveillance de la cicatrisation |
| Traitement antalgique | 2 jours minimum | Antalgiques simples ou forts selon la douleur, renouvelables jusqu’à 1 semaine |
| Arrêt sportif | 1 mois | Reprise progressive des activités physiques après avis médical |
La récupération après une chirurgie du névrome de Morton est généralement rapide et peu contraignante. Vous pouvez marcher immédiatement après l’intervention, mais le repos est essentiel : prévoyez 3 jours d’immobilité relative pour favoriser la cicatrisation du nerf. Pendant la première semaine, limitez vos déplacements et gardez le pied surélevé dès que possible.
Des soins infirmiers sont nécessaires pendant 2 semaines pour changer le pansement et surveiller l’absence d’infection. Un traitement antalgique vous sera prescrit pour au moins 2 jours, ajustable selon votre seuil de douleur. En cas de gonflement, l’application régulière de glace aide à réduire l’œdème.
Pour les activités sportives, soyez patient : comptez 1 mois d’arrêt complet avant de reprendre progressivement. La reprise du sport se fait toujours avec l’accord de votre chirurgien, qui évaluera la stabilité de la cicatrice et l’absence de douleur résiduelle.
