Nerf radial : anatomie, trajet, innervation et syndromes canalaires
Le territoire du nerf radial couvre l’extension et la supination du membre supérieur.
- Fibres C5 à T1 issues du faisceau postérieur du plexus brachial.
- Innervation motrice : triceps brachial, extenseurs du carpe et supinateur.
- Territoire sensitif : face postérieure du bras, avant-bras et main.
- Trajet vulnérable dans le sillon du nerf radial sur 10 cm.
- Division en branches sensitive et motrice au sillon bicipital latéral.
Trajet et anatomie du nerf radial
Origine et racines nerveuses
- Branche terminale du plexus brachial
- Fibres C5 à T1 issues des racines cervicales
- Naît du faisceau postérieur du plexus brachial
- En arrière du petit pectoral, après le nerf axillaire
Le nerf radial est la plus grosse branche terminale du plexus brachial. Il puise ses fibres dans les racines nerveuses C5, C6, C7, C8 et T1, ce qui lui confère un territoire d’action très étendu. Il naît de la branche terminale postérieure du faisceau postérieur, en arrière du petit pectoral, juste après le départ du nerf axillaire. Dès son origine, il se positionne comme le nerf de l’extension et de la supination de l’avant-bras.
Parcours dans le bras et l’avant-bras
Depuis le creux axillaire, le nerf radial descend dans la loge brachiale postérieure et contourne l’humérus en passant par le sillon du nerf radial, situé sur la face postérieure de l’os. Ce passage est particulièrement vulnérable : la gouttière de torsion humérale, que le nerf pénètre sur environ 10 cm, le place au contact direct de la diaphyse. À ce niveau, il est accompagné par l’artère profonde du bras et ses veines satellites.
Le nerf traverse ensuite le septum intermusculaire latéral au-dessus de l’épicondyle latéral. Cette traversée s’effectue à environ 10 cm en amont du condyle latéral, un repère anatomique essentiel pour les approches chirurgicales. Il poursuit sa route dans la loge antérieure du bras, puis atteint le sillon bicipital latéral, où il se divise en deux branches terminales : une branche sensitive (superficielle) et une branche motrice (profonde). Cette dernière passe dans le corps du muscle supinateur, ouvrant la porte aux syndromes canalaires du coude.
Innervation motrice et sensitive du nerf radial

Muscles innervés par le nerf radial
Le nerf radial est le nerf de l’extension et de la supination de l’avant-bras. Sa composante motrice commande l’ensemble des muscles de la loge postérieure du bras et de l’avant-bras.
- Triceps brachial (3 chefs) extension du coude, puissant extenseur antigravitaire
- Brachio-radial et supinateur flexion du coude et supination active de l’avant-bras
- Extenseurs radiaux du carpe extension et abduction de la main au poignet
- Long abducteur du pouce abduction du pouce dans le plan de la paume
Une atteinte de ces muscles se traduit par un déficit d’extension du poignet et des doigts, responsable de la classique « main tombante ». La supination de l’avant-bras est également affaiblie, tandis que la flexion reste préservée car elle dépend d’autres nerfs.
Territoire sensitif cutané
La composante sensitive du nerf radial couvre la face postérieure du membre supérieur, du bras jusqu’à la main. Sa distribution cutanée est essentielle pour repérer cliniquement le niveau de la lésion.
- Face postérieure du bras via le nerf cutané brachial postérieur
- Face postérieure de l’avant-bras via le nerf cutané antébrachial postérieur
- Moitié externe dorsale main zone radio-dorsale, constante et bien délimitée
- Face dorsale pouce et index jusqu’à la phalange proximale pour l’index
La branche sensitive superficielle longe le bord radial de l’avant-bras avant de rejoindre la tabatière anatomique. Une hypoesthésie dans cette zone oriente vers une atteinte distale, tandis qu’une perte de sensibilité au niveau du bras signe une lésion haute, souvent au contact de la diaphyse humérale.
Aspect clinique : signes et causes de lésion
Les lésions du nerf radial sont majoritairement traumatiques. On estime qu’1/3 des cas résultent d’une fracture de la diaphyse humérale, tandis qu’1/3 sont dus à un traumatisme balistique. La proximité du nerf avec l’humérus dans le sillon radial l’expose particulièrement lors de ces fractures, la paralysie pouvant alors s’installer en quelques heures ou sur plusieurs mois.
Sur le plan clinique, une paralysie radiale se manifeste par une impotence fonctionnelle de l’extension du poignet et des doigts, souvent accompagnée d’une douleur brachiale remontant vers l’épaule. Outre les traumatismes, des causes neuropathiques comme le diabète, l’alcoolisme, le saturnisme ou des vascularites nécrosantes peuvent être en cause. Un examen électromyographique est essentiel pour évaluer l’atteinte ; il est généralement renouvelé à 3 semaines pour affiner le pronostic. Dans les syndromes compressifs, la récupération peut débuter en quelques jours après la levée de la compression. Un traitement conservateur par orthèse amovible maintenant le poignet à 20 degrés d’extension est souvent proposé pour prévenir les rétractions.
À découvrir aussi
Quand la douleur suit un trajet nerveux, d’autres syndromes peuvent être évoqués. Plus intime, la névralgie pudendale touche le périnée, entre le pubis et le coccyx.
Quand une douleur irradie le long du bras, d’autres nerfs peuvent être en cause : la névralgie cervico-brachiale descend de la nuque jusqu’à la main, et ses formes rebelles peuvent conduire à la chirurgie. Plus bas dans le membre, le syndrome du canal carpien comprime le nerf médian et réveille la nuit les trois premiers doigts. Ailleurs, le syndrome de Morton irrite un nerf entre les métatarsiens et provoque des décharges dans la plante du pied.
Syndromes canalaires et compression du nerf radial
Le syndrome de Lotem correspond à une paralysie radiale aiguë par compression dans la gouttière de torsion humérale. Il touche typiquement un homme d’âge moyen, sportif ou travailleur manuel, après un effort musculaire intense.
Les causes se répartissent en 1/3 de fractures de la diaphyse humérale et 1/3 de traumatismes balistiques, le reste relevant de compressions extrinsèques. Le nerf pénètre cette gouttière sur environ 10 cm en amont du condyle latéral, zone où il est particulièrement vulnérable.
Le traitement repose sur une orthèse amovible maintenant le poignet à 20 degrés d’extension et les articulations métacarpo-phalangiennes en flexion. Un examen électromyographique de contrôle est renouvelé après 3 semaines pour évaluer la récupération nerveuse et adapter la prise en charge.
Présentation et définition du nerf radial
Le nerf radial est la plus grosse branche terminale du plexus brachial. Il naît de la branche terminale postérieure du faisceau postérieur, en arrière du petit pectoral, après le départ du nerf axillaire. Ses fibres proviennent des racines C5, C6, C7, C8 et T1.
Véritable nerf de l’extension et de la supination, il commande l’ensemble des muscles extenseurs du bras, de l’avant-bras et de la main. Il assure aussi la sensibilité d’une large zone cutanée, de la face postérieure du bras jusqu’à la face dorsale de la main. Son trajet long et sinueux autour de l’humérus le rend particulièrement vulnérable aux compressions et aux traumatismes.
Complications et pronostic de récupération
Le risque principal reste l’absence de récupération, surtout lorsque le nerf a subi une section complète ou une compression prolongée. Le timing de l’intervention chirurgicale est crucial : une prise en charge trop tardive aggrave le pronostic. À l’inverse, une récupération peut survenir en quelques jours avec une régression rapide de la symptomatologie, notamment dans les formes compressives bénignes.
Dans les atteintes post-traumatiques, le potentiel de récupération dépend directement de la distance lésionnelle : la traversée du nerf dans la gouttière radiale s’étend sur environ 10 cm en amont du condyle latéral, ce qui conditionne la hauteur de la repousse nerveuse. Un examen électromyographique de contrôle est systématiquement renouvelé après 3 semaines pour objectiver les signes de réinnervation précoce.
Le pronostic est généralement favorable si la prise en charge est adaptée : port d’une orthèse amovible maintenant le poignet à 20 degrés d’extension et les métacarpo-phalangiennes en flexion, associé à une rééducation active. Une surveillance régulière permet d’ajuster le traitement et d’optimiser les chances de récupération fonctionnelle complète.
